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Adieu à Marie-Chantal Thiry

Née le 11 novembre 1941 à Paris XIV et décédée le 2 novembre 2026 à Pré Saint-Gervais (Île-de-France)

Ile de Giglio, 3 novembre 2026

Très chère Chantal,

La nouvelle que je redoutais depuis la visite que je t'avais rendue au début du mois d'octobre vient d'arriver alors que je me trouve sur l'île de Giglio, balayée par une véritable tempête. Depuis deux jours, la tramontane souffle avec violence et les bateaux demeurent immobilisés au quai.

Ma sœur, mon épouse et moi gardons un souvenir ému de ta visite à l'île de Giglio, où se trouve notre maison familiale et où nous avons nos racines.

J'avais programmé mon retour à Paris pour le 9 novembre afin de passer avec toi le jour anniversaire de ta naissance. Tu aurais eu quatre-vingt-cinq ans, comme moi. J'aurais voulu célébrer cet anniversaire en partageant avec toi une coupe de champagne, en évoquant avec une douce nostalgie les nombreux souvenirs accumulés au fil des années, tout ce que nous avons vécu ensemble, ainsi que l'excellent travail que nous avons accompli côte à côte, avec le souvenir des nombreux succès obtenus et des nombreuses difficultés surmontées.

Mais le Seigneur en a décidé autrement. Il a voulu que tu célèbres désormais cet anniversaire auprès de Lui et auprès de ceux qui t'ont précédée, en particulier ton papa, jadis directeur du personnel d'une grande usine sidérurgique en Lorraine, dont tu me parlais si souvent avec émotion, et ta maman que j'ai eu le privilège de bien connaître.

Tu étais une catholique pratiquante et lorsque ta santé te le permettait encore, tu participais fidèlement à la messe du dimanche à l'église des Pères Dominicains proche de nos appartements dans l'immeuble du 54, rue de la Glacière. Pendant plus de vingt ans, nous avons habité ce même immeuble, toi au quatrième étage et moi au sixième.

Combien de fois m'as-tu invité à partager un repas, une conversation amicale, à remettre de l'ordre dans ton ordinateur, seul ou en compagnie de notre cher ami Nicolas, expert en informatique, ou encore à accomplir de petits travaux de bricolage chez toi!

Je me souviens en particulier des dîners de crêpes salées et douces que tu préparais avec talent chaque année pour la Chandeleur, le 2 février. Fidèle à la tradition catholique, tu assistais ce jour-là à la messe au cours de laquelle tu recevais la bénédiction de saint Blaise avec les cierges croisés, bénédiction que les fidèles recevaient autrefois pour être préservés des maux de gorge et de tout autre mal.

À toi, je dois aussi une partie de ma culture française. Toi qui étais une grande lectrice, tu m'as conseillé de nombreux livres que j'ai lus avec attention, ainsi as-tu contribué à améliorer ma connaissance du français. Tu me récitais souvent par cœur la magnifique poésie que Victor Hugo consacra à sa fille Léopoldine, morte à 19 ans avec son époux, tous deux noyés dans la Seine. Je me souviens particulièrement de ses vers immortels:

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
...
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

(Victor Hugo, Les Contemplations)

Aujourd'hui, tous ces souvenirs remontent de ma mémoire avec une force particulière, accompagnés de la nostalgie d'un temps qui ne reviendra plus.

Je revois également les nombreuses années de travail partagées chez Synthélabo puis chez Rhône-Poulenc Santé et Rhône-Poulenc Rorer. Pendant plus d'un quart de siècle, tu as été pour moi une collaboratrice exceptionnelle, dotée d'une remarquable habileté manuelle dans des procédures chirurgicales particulièrement délicates et difficiles, visant à confirmer les effets bénéfiques des nouveaux médicaments et à écarter tout effet indésirable éventuel.

J'ai toujours admiré et apprécié ton intelligence, ton professionnalisme, ta rigueur et ton dévouement. Plusieurs de mes travaux scientifiques portent discrètement ton empreinte et te doivent beaucoup. Mais au fil des années, l'estime professionnelle s'est naturellement transformée en une affection profonde et en une amitié fidèle dont je mesure aujourd'hui toute la valeur et combien il m'est profondément douloureux de penser que je ne te reverrai plus.

Ma très chère Chantal, tu n'es plus parmi nous, mais tu professais une foi profonde et une ferme espérance en une vie au-delà de ce monde. Puisse cette espérance trouver son accomplissement dans la vie éternelle, auprès de ceux qui t'étaient très chers et dans la présence de l'Éternel.

Je voudrais terminer cet adieu en t'offrant, ainsi qu'à tous ceux qui seront présents à tes funérailles, quelques paroles d'espérance venues de traditions spirituelles différentes, mais qui expriment une même confiance : celui qui est aimé ne disparaît pas du cœur de ceux qui l'ont sincèrement aimé, et la mort n'aura jamais le dernier mot:

"Je suis la résurrection et la vie;
celui qui croit en moi, même s'il est mort, vivra."

(Évangile selon saint Jean, 11, 25)

"La mort n'est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce d'à côté.
...
Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours."

(Henry Scott Holland, chanoine de la cathédrale Saint-Paul de Londres)

"Ne dites pas qu'avec la fin du printemps toutes les fleurs sont tombées;
Cette nuit encore, devant la cour, une branche de prunier a fleuri;
Que cette branche fleurie soit pour nous le signe de l'espérance."

(Man Giac, maître zen vietnamien, XIᵉ siècle)

Que les anges du ciel soient venus à ta rencontre au moment de quitter la Terre et t'aient conduite dans la sainte Jérusalem céleste, là où il n'y a plus ni souffrance, ni maladie, ni séparation, mais seulement la paix, la lumière et l'amour éternels.

Adieu, très chère Chantal. Tu demeureras dans ma mémoire reconnaissante et dans mon affection aussi longtemps que mes propres jours se poursuivront sur cette terre.

Requiem aeternam et lucem perpetuam dona ei, Domine.

Repose en paix, ma très chère amie.

Icilio Cavero

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Addio a Marie-Chantal Thiry

Nata l'11 novembre 1941 a Parigi XIV e scomparsa il 2 novembre 2026 a Le Pré-Saint-Gervais (Île-de-France)

Isola del Giglio, 2 novembre 2026

Carissima Chantal,

La notizia che temevo fin dalla visita che ti avevo fatto all'inizio del mese di ottobre è arrivata mentre mi trovo sulla mia isola del Giglio, investita da una vera tempesta. Per due giorni la tramontana ha soffiato con forza e i traghetti sono rimasti ormeggiati in porto.

Mia sorella, mia moglie e io conserviamo un ricordo affettuoso della tua visita all'Isola del Giglio, dove si trova ancora la nostra casa di famiglia e dove affondano le nostre radici.

Avevo programmato il mio ritorno a Parigi per il 9 novembre, per trascorrere con te il giorno del tuo compleanno. Avresti compiuto ottantacinque anni, proprio come me. Avrei voluto celebrare questo anniversario condividendo con te una coppa di champagne, ricordando con dolce nostalgia i tanti ricordi accumulati nel corso degli anni, tutto ciò che abbiamo vissuto insieme, così come l'eccellente lavoro che abbiamo svolto fianco a fianco, con la soddisfazione dei numerosi successi ottenuti e delle molte difficoltà superate.

Ma il Signore ha deciso diversamente. Ha voluto che tu lo celebrassi ormai accanto a Lui e accanto a coloro che ti hanno preceduta, in particolare tuo padre, già direttore del personale di una grande acciaieria della Lorena, del quale mi parlavi così spesso con commozione, e tua madre, che ho avuto il privilegio di conoscere bene.

Eri una cattolica praticante e, quando la salute ancora te lo permetteva, partecipavi fedelmente alla Messa domenicale presso la chiesa dei Padri Domenicani, non lontana dai nostri appartamenti al numero 54 di rue de la Glacière. Per oltre vent'anni abbiamo abitato nello stesso edificio, tu al quarto piano e io al sesto.

Quante volte mi hai invitato a condividere un pranzo, una cena o una conversazione amichevole, a rimettere ordine nel tuo computer, da solo o insieme al nostro caro amico Nicolas, esperto di informatica, oppure a eseguire piccoli lavori di manutenzione nel tuo appartamento!

Ricordo in particolare le cene a base di crêpes salate e dolci che preparavi con grande abilità ogni anno per la Candelora, il 2 febbraio. Fedele alla tradizione cattolica, partecipavi quel giorno alla Messa durante la quale ricevevi la benedizione di san Biagio con i ceri incrociati, benedizione che un tempo i fedeli ricevevano per essere preservati dal mal di gola e da ogni altro male.

A te devo anche una parte della mia cultura francese. Tu, che eri una grande lettrice, mi hai consigliato numerosi libri che ho letto con attenzione e piacere, contribuendo così a migliorare la mia conoscenza della lingua francese. Mi recitavi spesso a memoria la magnifica poesia che Victor Hugo dedicò alla figlia Léopoldine, morta a diciannove anni insieme al marito, entrambi annegati nella Senna. Ricordo in particolare questi versi immortali:

"Domani, all'alba, nell'ora in cui la campagna imbianca,
partirò. Vedi, so che tu mi aspetti.
Andrò per il bosco, andrò per la montagna.
Non posso restare lontano da te più a lungo."
...
"E quando arriverò, deporrò sulla tua tomba
un mazzo di agrifoglio verde e di brugo in fiore."

Victor Hugo, Le Contemplazioni

Oggi tutti questi ricordi riaffiorano alla mia memoria con una forza particolare, accompagnati dalla nostalgia del tempo che fu e non tornerà più.

Rivedo anche i lunghi anni di lavoro condivisi alla Synthélabo e successivamente alla Rhône-Poulenc Santé e alla Rhône-Poulenc Rorer. Per oltre un quarto di secolo sei stata per me una collaboratrice eccezionale, dotata di una straordinaria abilità manuale nell'esecuzione di procedure chirurgiche particolarmente delicate e complesse, indispensabili per accertare l'efficacia dei nuovi farmaci ed escludere la comparsa di eventuali effetti indesiderati.

Ho sempre ammirato e apprezzato la tua intelligenza, la tua professionalità, il tuo rigore e la tua dedizione. Molti dei miei lavori scientifici portano discretamente la tua impronta e ti devono molto. Con il passare degli anni, tuttavia, la stima professionale si è naturalmente trasformata in un profondo affetto e in una sincera amicizia. Oggi ne apprezzo pienamente il valore e provo un profondo dolore al pensiero di non poter più rivederti e abbracciarti durante le mie visite a Parigi.

Carissima Chantal, non sei più tra noi, ma professavi una fede profonda e una ferma speranza in una vita oltre questo mondo. Possa questa speranza trovare oggi il suo compimento nella vita eterna, accanto alle persone che ti erano più care e nella presenza dell'Eterno.

Vorrei concludere questo saluto offrendoti, insieme a tutti coloro che saranno presenti alle tue esequie, alcune parole di speranza provenienti da tradizioni spirituali diverse, ma unite dalla stessa fiducia: chi è amato non scompare dal cuore di coloro che lo hanno amato sinceramente, e la morte non avrà mai l'ultima parola.

"Io sono la risurrezione e la vita;
chi crede in me, anche se muore, vivrà."

(Vangelo secondo Giovanni, 11, 25)

"La morte non è nulla.
Sono soltanto passato nella stanza accanto.
...
Ciò che eravamo gli uni per gli altri, continuiamo a esserlo."

(Henry Scott Holland, canonico della cattedrale di San Paul di Londra)

"Non dite che con la fine della primavera tutti i fiori siano caduti;
questa notte, davanti al cortile, un ramo di susino è fiorito.
Che questo ramo fiorito sia per noi il segno della speranza."

(Man Giac, maestro zen vietnamita, XI secolo)

Possano gli angeli del cielo esserti venuti incontro nel momento in cui hai lasciato la Terra e averti accompagnata nella santa Gerusalemme celeste, dove, per chi crede in Cristo Signore, non vi sono più sofferenza, malattia né separazione, ma soltanto pace, luce e amore eterno.

Addio, carissima Chantal. Rimarrai nella mia memoria riconoscente e nel mio affetto finché dureranno i miei giorni su questa terra.

Requiem aeternam et lucem perpetuam dona ei, Domine.

Requiescas in pace, cara amica mea.

Icilio Cavero